« Quels sont vos défauts ? » : comment répondre en entretien (avec exemples)
Pour répondre à « quels sont vos défauts ? » en entretien, cite un vrai défaut qui n'est pas au cœur du poste, illustre-le par une situation précise, puis explique ce que tu fais concrètement pour le corriger. Évite les faux défauts comme « je suis trop perfectionniste ».
Pour répondre à « quels sont vos défauts ? » ou « quel est votre plus grand défaut ? », cite un vrai défaut qui n'est pas au cœur du poste, illustre-le par une situation précise, puis explique ce que tu fais concrètement pour le corriger. Évite les faux défauts du type « je suis trop perfectionniste » : le recruteur les entend tous les jours.
Pourquoi le recruteur te demande tes défauts ?
Ce n'est pas un piège pour te faire avouer quelque chose d'éliminatoire. En posant cette question, le recruteur veut voir si tu te connais, si tu es capable d'en parler calmement, et surtout si tu fais quelque chose de ce que tu as repéré. Un candidat qui dit « je n'ai pas vraiment de défaut » ou qui sort une qualité déguisée montre l'inverse.
En France, la question prend souvent une forme double : « citez-moi trois qualités et trois défauts ». Le recruteur RH la pose volontiers en premier entretien ; le manager, lui, ira plus loin et voudra un exemple tiré du travail.
Comment construire une bonne réponse ?
Trois étapes, à dire en moins d'une minute :
- Le défaut, nommé simplement. Un vrai trait, formulé sans détour : « J'ai du mal à déléguer », « Je prends trop de choses en même temps ».
- Une situation précise. Quand ce défaut s'est vu, et ce qu'il a coûté. Ça prouve que tu ne l'as pas inventé pour l'occasion.
- Ce que tu fais aujourd'hui. Une habitude concrète, un outil, une règle que tu t'es fixée, et si possible ce qui a changé depuis.
La réponse doit finir sur le progrès, pas sur le problème. C'est la dernière phrase que le recruteur retiendra.
Pour choisir ton défaut, écris-en trois ou quatre qui sont vraiment les tiens, puis relis l'offre. Écarte ceux qui touchent une compétence clé du poste : un contrôleur de gestion qui avoue « je ne suis pas très rigoureux avec les chiffres » se met hors jeu. Garde celui qui est le plus éloigné du cœur du métier et sur lequel tu as déjà agi.
Exemples de réponses
Ce sont des exemples fictifs : choisis un défaut qui est vrai pour toi.
Prendre la parole en réunion : chargée de communication
Camille, deux ans d'expérience.
« J'ai tendance à rester en retrait dans les grandes réunions, même quand j'ai une idée, parce que je veux qu'elle soit parfaitement formulée avant de la partager. L'an dernier, j'ai vu une collègue proposer une piste sur laquelle je travaillais depuis une semaine. Depuis, je me suis fixé une règle : à chaque réunion d'équipe, je partage au moins une idée, même si elle n'est pas aboutie. Ma responsable m'a dit au dernier entretien annuel qu'elle voyait la différence. »
Dire oui à tout : technicien support
Thomas, quatre ans en support informatique.
« Mon défaut, c'est que j'ai du mal à dire non quand un collègue me demande un coup de main. Je me retrouve à jongler avec des demandes qui ne passent pas par les tickets, et il m'est arrivé de laisser filer un délai sur une intervention prévue. Maintenant, je renvoie poliment chaque demande vers l'outil de tickets et je donne une date réaliste au lieu d'un oui immédiat. Mes collègues ont vite pris le pli. »
Déléguer : responsable de boutique
Nadia, première expérience de management.
« Quand j'ai pris la responsabilité de la boutique, je refaisais moi-même les vitrines et les commandes plutôt que d'expliquer à l'équipe ce qui n'allait pas. Résultat : j'étais débordée, et l'équipe ne progressait pas. J'ai mis en place un court point chaque lundi où je répartis les tâches et où je donne un retour sur la semaine passée. Je n'interviens que si c'est vraiment nécessaire, et deux vendeuses gèrent désormais les commandes seules. »
Quels défauts éviter de citer ?
Les faux défauts. « Je suis perfectionniste », « je travaille trop », « je suis trop exigeant avec moi-même ». Le recruteur sait que c'est une qualité déguisée et en conclut que tu n'as pas préparé.
Un défaut éliminatoire pour le poste. Un commercial qui « n'aime pas le téléphone », une assistante de direction « pas très organisée » : la réponse est honnête, mais elle ferme la porte.
Un défaut qui inquiète sur le savoir-être. « Je m'énerve facilement » ou « j'arrive souvent en retard » posent un problème de fond, même avec un plan d'action.
Un défaut sans action. Sans la troisième étape, il ne reste que le négatif.
L'humour pour esquiver. « Le chocolat ! » peut faire sourire, mais il faut ensuite donner une vraie réponse.
À quelles relances t'attendre ?
Un bon recruteur ne s'arrête pas à ta première réponse. Prépare-toi à :
- « Pouvez-vous me donner un autre exemple ? » Garde une deuxième situation en réserve.
- « Qu'en dirait votre ancien manager ? » Ta réponse doit pouvoir être confirmée par quelqu'un qui t'a vu travailler.
- « Et un autre défaut ? » Prépare-en un deuxième, plus court.
- « Comment ce défaut pourrait-il se voir chez nous ? » Relie-le au poste avec franchise, puis rappelle ce que tu fais pour le limiter.
Comment t'entraîner à le dire ?
Cette réponse sonne souvent plus défensive à l'oral qu'à l'écrit. Dis-la à voix haute, enregistre-toi et écoute le ton : tu dois paraître serein, pas en train de te justifier. Entraîne-toi ensuite avec quelqu'un qui enchaîne les relances ci-dessus. Pour placer cette question dans l'ensemble de l'entretien, suis la méthode du guide préparer un entretien d'embauche.
Quelles questions préparer ensuite ?
Les défauts arrivent souvent au milieu de l'entretien. Prépare le début avec « parlez-moi de vous », et la fin avec « pourquoi devrions-nous vous recruter ? » : c'est là que tu remets en avant ce que tu apportes.
Questions fréquentes
Combien de défauts faut-il citer ?
Un seul, bien expliqué, suffit quand la question est au singulier. Si on te demande « trois défauts », prépares-en trois courts, mais développe surtout le premier avec ce que tu fais pour progresser.
Peut-on citer un défaut personnel, hors travail ?
Seulement s'il a un effet visible au travail. « Je suis impatient » fonctionne si tu montres comment ça se voit en réunion ou en projet ; un trait de ta vie privée sans lien avec le poste n'apporte rien.
Le recruteur peut-il vérifier mon défaut auprès de mes références ?
Il peut demander à un ancien manager quels étaient tes axes de progrès. C'est une raison de plus pour citer un défaut réel : s'il recoupe ce que dira ton ancien responsable, ta réponse gagne en crédibilité.
Faut-il parler de défaut ou de « point d'amélioration » ?
Reprends le mot du recruteur. Remplacer « défaut » par « axe de progrès » ne change rien au fond, et ça peut sonner comme une manière d'éviter la question.